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Les lampadaires à gaz de Londres

Malgré les coupes budgétaires et les économies réalisées sur l’éclairage public, dont l’intensité a été baissée, la capitale britannique compte toujours 1500 réverbères à gaz nécessitant une intervention humaine à intervalles réguliers. Ce sont les derniers vestiges des dizaines de milliers de lampadaires déployés dans la ville il y a plus de 200 ans, une merveille de technologie moderne qui avait donné vie à des centaines de rues jusque-là obscures, malfamées et dangereuses.

Aujourd’hui, la plupart des Londoniens n’ont même pas conscience de l’existence de ces témoins d’une autre époque. Mais les autorités les protègent, au point d’en installer des nouveaux, comme c’est le cas près du marché couvert de Covent Garden. Les réverbères anciens sont aussi la seule source de lumière la nuit à St James Park, à côté de Buckingham Palace. «Ils sont très beaux et offrent un éclairage magnifique, moins brutal que l’électrique», souligne Usher, 50 ans, qui dirige une équipe de quatre allumeurs de réverbères.

La moitié des lampadaires à gaz continuent à fonctionner avec un minuteur mécanique qui nécessite d’être remonté à la main toutes les deux semaines. Les autres ont un compteur automatique dont il faut changer la batterie tous les six mois, sans compter d’autres travaux de maintenance. «On touche à l’histoire à chaque coin de rue, c’est un travail privilégié», estime Usher.

La première démonstration à Londres d’un éclairage public au gaz a eu lieu en 1807. Les réactions furent d’abord mitigées. Mais lorsque le roi George IV a exigé leur installation en masse en 1814, les lampadaires ont commencé à pousser comme des champignons. Aujourd’hui, leur principal ennemi est le trafic automobile. La plupart ont été surélevés pour mettre leur lanterne hors d’atteinte des rétroviseurs des bus ou des camions.

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