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La cité troglodyte italienne de Matera a bien changé

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Parler de Matera auparavant, c’était évoquer ses tréfonds de pierre, une ville obscure et laborieuse, façonnée dans la roche et la misère. Mais en l’espace de quelques décennies, cette cité troglodyte a bien changé. Nichée entre les Pouilles et la Calabre, dans la belle région de la Basilicate, elle offre aujourd’hui une tout autre vision : un chaos grandiose de maisons et d’églises perdues dans un lacis de ruelles creusées à flanc de ravin.

Dans les années 50, le président du Conseil italien d’alors, Alcide De Gasperi, revient choqué de Matera qu’il surnomme la «honte de l’Italie». Une loi d’évacuation des habitations troglodytes, les Sassi, s’ensuit. Sur les hauteurs de la ville sont alors bâties des HLM colorées pour reloger les gens. La nouvelle Matera est née. Il y a une école, un cinéma, du confort, de la modernité. En contrebas, l’ancien quartier est vidé et devient un secteur à éviter, squatté et mal famé.

Mais l’antique Matera résiste. Raffaello De Ruggieri est l’un des premiers à réinvestir la zone. En 1970, cet avocat publie un manifeste et invite les artistes à sauver Matera. Quelques années plus tard, une exposition de sculpture contemporaine est installée sur le territoire en friche. Puis, à l’art succède la politique : en 1981, le premier chantier de réhabilitation est lancé et une loi d’assainissement est votée. En 1993, c’est la reconnaissance internationale : Matera est classée à l’Unesco.

Aujourd’hui, la moitié des 30 hectares de Sassi est rénovée. Materaabrite quelques milliers d’habitants et accueille toujours plus de touristes au risque de se transformer en ville-musée. «On recense 150 églises dans les environs mais, en vérité, on ne sait pas vraiment combien elles sont. Parfois, on fait des travaux et on en découvre une nouvelle», raconte Dora Cappiello, une guide originaire de la ville.

Le décor biblique de Matera ne pouvait pas laisser indifférent. En 1963, Pier Paolo Pasolini y tourne l’Evangile selon saint Matthieu ; en 2003, Mel Gibson réalise la Passion du Christ. Bien d’autres réalisateurs tombent sous son charme, mais aussi des artistes, des architectes. Et, en octobre, la ville a été choisie pour être la capitale européenne de la culture en 2019.

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