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Ceuta, porte fermée sur l’Europe

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Ceuta, ville autonome espagnole, qui ne fait pas partie de l’espace Schengen, forme une encoche sur la côte nord du Maroc. Petit bout de terre méditerranéen à quelques kilomètres de la péninsule ibérique, Ceuta a de tout temps été convoité de par sa position stratégique.

Phénicienne, grecque, carthaginoise, numide dans l’Antiquité, romaine catholique, musulmane pendant sept siècles, puis dominée par le Portugal, la ville de Ceuta tombe enfin aux mains des Espagnols à partir du XVIIe siècle. Bref, une histoire compliquée pour ce si petit territoire de 18km² qui est encore aujourd’hui revendiqué par de nombreux marocains qui le considèrent comme un vestige du colonialisme.

Le décor est posé pour le documentaire «Ceuta, douce prison». La caméra de Jonathan Millet et de Loïc H. Rechi suit alors le parcours de cinq candidats à l’exil. Les deux réalisateurs ont pu comme ils le disent «suivre au plus près les personnages, partager et ressentir leurs quotidiens, leurs doutes et leurs espérances». Un point de vue interne, au plus près de ce que ressentent ces clandestins qui peuvent rester là de quelques mois à plusieurs années.

Pas de commentaires, pas de voix-off, le documentaire se veut nu, sans état d’âme, sans doute pour montrer le côté implacable de la réalité de l’immigration vers l’Europe. Sans doute aussi pour montrer que derrière les rêves plein d’espoirs, le quotidien est divisé entre ennui de l’attente d’un laissez-passer et crainte d’être renvoyé vers son pays d’origine.

Soutenu par Amnesty International et La Ligue des Droits de l’Homme, le film se veut un constat d’une frontière invisible et pourtant toujours d’actualité : entre Nord et Sud, entre Afrique et Europe, entre terre et mer, entre le ciel et les murs de cette «douce prison».

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