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A la découverte des Portes de l'Enfer au Turkménistan

Aucun signe ne signale le cratère quand on traverse en jeep le désert du Karakoum, dont le nom veut dire Sables noirs, et qui couvre près de 80% de l'ex-république soviétique d'Asie centrale. En été la température y atteint 50 degrés, en hiver elle tombe à moins 20 degrés. Mais les guides savent où bifurquer pour s'approcher du cratère de Darvaza surnommé les portes de l'Enfer, à 270 kilomètres de la capitale, Achkhabad, par une piste traversant des dunes de sable.

Une lueur jaune et orange est visible dans le ciel et guide les rares touristes qui s'aventurent jusqu'au monstre crachant du feu. Le Turkménistan, qui reste un des pays les plus isolés du monde 25 ans après l'effondrement de l'URSS, reçoit chaque année seulement une dizaine de milliers de touristes. Soit, selon une source au sein du comité gouvernemental du tourisme : «A peine plus que pendant l'époque soviétique».

Le gouvernement turkmène veut donc développer le tourisme destiné aux amateurs de sensations extrêmes, ou aux amoureux de la nature. Des safaris en jeep, en quad ou à dos de chameau pourraient bientôt être organisés afin d'amener les touristes près du cratère. Des langues de feu lèchent constamment les parois du cratère, profond de 20 mètres et de 70 mètres de diamètre, et des bourrasques d'air brûlant s'en échappent. La chaleur extrême et le grondement sourd du feu font tourner la tête, bien qu'on ne sente pas de gaz dans l'air. Malgré le danger, aucune grille ni protection n'entoure le cratère ou n'empêche les touristes les plus intrépides de s'approcher du bord. A leurs risques et périls, car le sol de sable s'effondre par endroits.

Le phénomène est le résultat d'une erreur de calcul des savants soviétiques. «En 1971, les géologues soviétiques ont commencé à forer pour prospecter. Personne n'aurait pu deviner qu'au final, ils allaient percer des couches souterraines qui contenaient du gaz», raconte Anatoli Bouchmakine, géologue turkmène. «En forant, ils sont tombés dans une poche souterraine, le matériel de forage y a disparu, mais heureusement personne n'est mort. Comme ils craignaient que le cratère n'émette des gaz empoisonnés, ils ont décidé d'y mettre feu», explique-t-il.

Les scientifiques soviétiques espéraient ainsi brûler le gaz jusqu'à son extinction. Mais les flammes ne se sont pas éteintes depuis maintenant 40 ans. Elles sont devenues le symbole de l'étendue des réserves de gaz du Turkménistan, les quatrièmes plus vastes au monde.

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